Les Œuvres de Hrasarkos: Année 1996
L’Espace de la Disjonction : Ontologie de l’Exil et Aporie de l’Enracinement dans Le Poids du Secret (1996) de Hrasarkos
L’art contemporain arménien trouve en Hrasarkos une figure de proue de la peinture de l’exil. Son œuvre de 1996, Le Poids du Secret, n'est pas une simple huile sur panneau ; c'est un dispositif méta-pictural complexe. En opposant la verticalité des bouleaux (symboles de l'espace européen) à une grappe de raisin hypertrophiée (icône de la culture arménienne), l'artiste matérialise le traumatisme du déracinement. Cette analyse d'œuvre explore la transition entre la contemplation romantique et la réalité de l'exilé, où le paysage devient une frontière plutôt qu'un horizon.
L'Ontologie du Débordement : Hors du cadre (1996) ou la Peinture comme Seuil
Cet article propose une analyse critique de l'œuvre séminale Hors du cadre (1996) d'Hrasarkos, exécutée deux mois seulement après son installation en France. À travers une approche qui croise la phénoménologie de Maurice Merleau-Ponty et la déconstruction du parergon de Jacques Derrida, nous explorons comment l’extrusion physique du membre inférieur du sujet hors du champ pictural constitue un acte de résistance esthétique. Dans le contexte de la scène artistique française de 1996, marquée par l’hégémonie de l’esthétique relationnelle et la dématérialisation post-conceptuelle, Hrasarkos réaffirme la souveraineté d'une « peinture-pensée » où la chair et la matière deviennent les vecteurs d'une insertion dynamique. L’œuvre n’est plus une simple représentation, mais le lieu d’une « urgence ontologique » où l'espace peint s'émancipe pour investir le monde phénoménal, offrant ainsi une allégorie puissante de la transition culturelle et de la conquête de la liberté créatrice.
